Jayati Ghosh
On demande aux conseils d’administration d’évaluer des risques qui ne figurent pas dans les indicateurs économiques habituels : les tensions liées à la dette souveraine dans les marchés émergents, un système fiscal en pleine refonte, des règles en matière de dépenses de santé redéfinies par les institutions mondiales. La plupart des analyses économiques internes continuent de décrire le monde comme si les règles n’avaient pas changé. Le fossé entre ce qui fait l’objet de débats au sein de l’ONU, de l’OMS et de l’OCDE, et ce dont sont informées les équipes de direction, est désormais suffisamment large pour fausser les décisions en matière d’investissement, d’approvisionnement et de main-d’œuvre.
Jayati Ghosh est économiste du développement à l’université du Massachusetts à Amherst ; elle aide les conseils d’administration à analyser l’économie mondiale à travers le prisme des institutions qui en redéfinissent les règles.
Full Profile
Pourquoi les organisations font appel à Jayati Ghosh
- Elle siège au Conseil consultatif de haut niveau du Secrétaire général des Nations unies sur le multilatéralisme efficace et au Conseil de l’OMS sur l’économie de la santé pour tous ; sa vision de la gouvernance mondiale en matière de finance et de santé s’appuie donc sur une connaissance de l’intérieur des instances où celle-ci est en train d’être redéfinie.
- Elle copréside l’ICRICT, la commission indépendante qui milite en faveur d’une réforme de la fiscalité internationale des entreprises, ce qui lui confère une expertise de première main sur la refonte fiscale menée par l’OCDE, qui redéfinit la manière dont les multinationales planifient leur taux d’imposition effectif.
- Elle analyse les risques liés aux marchés émergents sous l’angle d’une économiste du développement, et non de celui de Wall Street, ce qui correspond précisément à ce que recherchent généralement ceux qui font appel à ses services : une vision plus précise de la dette souveraine, des tensions monétaires et de l’économie politique des pays du Sud.
- Forte de trente-cinq ans d’expérience à l’université Jawaharlal Nehru et désormais à l’UMass Amherst, autrice ou éditrice de dix-neuf ouvrages, lauréate du Prix de recherche sur le travail décent de l’OIT et du Prix Galbraith : autant de références qui lui confèrent une grande crédibilité auprès d’un public averti.
- Elle rédige une chronique mensuelle pour Project Syndicate, ce qui permet au public d’accéder à ses réflexions actuelles et aux organisateurs de prendre connaissance de ses arguments avant de réserver la salle.
Faits marquants de sa biographie
- Professeure d’économie à l’université du Massachusetts à Amherst depuis janvier 2021.
- Membre du Conseil consultatif de haut niveau du Secrétaire général des Nations unies sur le multilatéralisme efficace (2022).
- Membre du Conseil de l’OMS sur l’économie de la santé pour tous, présidé par Mariana Mazzucato.
- Coprésidente de la Commission indépendante pour la réforme de la fiscalité internationale des entreprises (ICRICT).
- Prix de recherche sur le travail décent de l’OIT (2011) ; prix John Kenneth Galbraith de l’AAEA (2023).
- Auteure ou éditrice de dix-neuf ouvrages, dont *Women Workers in the Informal Economy* et *The Making of a Catastrophe: Covid-19 and the Indian Economy* ; chroniqueuse mensuelle pour Project Syndicate.
Biographie
Les règles régissant les flux transfrontaliers de capitaux, la fiscalité des entreprises et les dépenses de santé publique sont en train d’être réécrites simultanément. Les instances qui suivent l’un de ces domaines de manière isolée ont tendance à négliger leurs interactions. Ghosh travaille sur ces trois domaines.
Elle est professeure d’économie à l’université du Massachusetts à Amherst, poste qu’elle occupe depuis 2021 après avoir enseigné pendant près de 35 ans à l’université Jawaharlal Nehru de New Delhi. Ses recherches portent depuis longtemps sur la mondialisation, l’emploi dans les pays en développement, la politique macroéconomique et la structure genrée du travail informel. Dix-neuf ouvrages et environ deux cents articles scientifiques témoignent de ce travail.
C’est son rayonnement institutionnel qui la distingue des autres voix de la macroéconomie. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’a nommée en 2022 au sein du Conseil consultatif de haut niveau sur le multilatéralisme efficace, un organe composé de douze membres et chargé de proposer des réformes de la gouvernance mondiale en vue du Sommet de l’avenir. Elle siège au Conseil de l’OMS sur l’économie de la santé pour tous, présidé par Mariana Mazzucato, et copréside l’ICRICT, qui a largement porté le plaidoyer de la société civile en faveur d’un impôt minimum mondial sur les sociétés.
En dehors des revues universitaires, elle rédige une chronique mensuelle pour Project Syndicate, lue par les ministres des Finances et les responsables des banques centrales, et a tenu pendant près de trois décennies une chronique bimensuelle dans Frontline. L’OIT lui a décerné son Prix de la recherche sur le travail décent en 2011 ; l’Association d’économie agricole et appliquée lui a remis son Prix Galbraith en 2023 pour ses contributions à l’économie et à l’humanité.
Principaux thèmes d’intervention
- Architecture financière mondiale et réforme
- L’impôt international sur les sociétés et le programme de l’ICRICT
- Inégalités, travail et économie informelle
- Développement et croissance en Inde et dans les pays du Sud
- Économie de la santé et biens publics
- Dette souveraine et risques liés aux marchés émergents
- Genre et économie des soins
Idéal pour
- les conseils d’administration et les comités d’investissement qui évaluent leur exposition aux marchés émergents et à la dette souveraine.
- Les directeurs financiers et les responsables fiscaux qui suivent de près l’impôt minimum de l’OCDE et la prochaine vague de réformes fiscales multinationales.
- Les équipes de direction des secteurs de la santé mondiale, de l’industrie pharmaceutique et du financement du développement qui ont besoin d’un cadre axé sur les biens publics pour leur stratégie.
- Les conférences sur la mondialisation, les inégalités et l’avenir du multilatéralisme, où l’avis d’un expert des politiques publiques est nécessaire.
Bénéfices pour le public
- Une vision claire de la manière dont les programmes de réforme de l’ONU, de l’OMS et de l’OCDE se traduiront en risques pour les entreprises au cours des trois à cinq prochaines années.
- Une position défendable sur la réforme fiscale internationale et ses implications en matière de prix de transfert, de taux d’imposition effectifs et de risques pour la réputation.
- Une vision plus précise de la dette souveraine et des tensions monétaires dans les pays du Sud, fondée sur des données issues de l’économie du développement plutôt que sur des commentaires de marché.
- Un argumentaire expliquant pourquoi les soins, le travail informel et les questions de genre font partie intégrante du tableau macroéconomique, et non pas un élément distinct de celui-ci.